13.9.11

D’accord, d’accord, je vais vous raconter toutes mes batailles, mais si je ne commence pas par les commencements, vous n’allez pas tout saisir. Vous devez donc subir au moins les premières leçons de la formation du soldat.

Le règlement de 1791 fera l’affaire, de la position sans arme aux changements de direction.

Et je vous conseille de vous habituer aux ordres criés «d’une étendue de voix proportionnée au nombre de recrues qu’on exercera» autrement dit «au nombre de recrues à dresser».

Les recrues c’est vous. Moi je joue le rôle de l’adjudant-major. Décidément l’armée me manque.

Donc je vous laisse vous installer. La première leçon est consacrée à la position du soldat :


-Vous devez «mettre vos talons sur la même ligne»;
- Ils doivent «être rapprochés autant que possible». Parce qu’on ne peut pas demander à des hommes aux genoux cagneux de les joindre complètement.
- Les pieds doivent être «un peu moins ouverts que l'équerre, et tournés en dehors». Car s’ils sont trop tournés, quand vous allez devoir porter le haut du corps en avant, vous allez vous casser le nez.
- Les genoux eux doivent être « tendus sans les roidir » ;
- Le corps « d'aplomb sur les hanches » ;
- Le « haut du corps doit être penché en avant » ; je vous avais prévenu. Le contraire a de grands inconvéniens dans la marche ;
- Les épaules effacées et non pas les épaules en avant et le dos voûté des hommes de la campagne…Vous êtes des soldats sacrebleu.


- «Les bras pendants naturellement»;
- «les coudes près du corps»;
- «la paume de la main un peu tournée en dehors»;
- «le petit doigt en arrière et contre la couture de la culotte» ; en arrière j’ai dit le petit-doigt !
- «la tète droite sans être gênée» ; là où il y a de la gène…;
- «le menton rapproché du cou sans le couvrir» ; c’est clair ;
- enfin «les yeux fixés à terre, à environ quinze pas devant soi».
Garde à vous ! Et là j’aimerais bien vous voir…Mais j’oubliais : il y avait aussi des chansons optimistes pour apprendre le beau métier de soldat:

«
Portez haut la tête, soldats
A quinze pas fixez la terre
Plus d’un conscrit dans les combats
Est devenu foudre de guerre
Petit d’abord, en grandissant
On devient Maréchal de France
… »


Est-ce que j’ai vraiment chanté ça à Juliers au printemps 1807 ? Je ne sais plus.

Cette strophe, je l’ai trouvé dans « L’Ecole du Soldat » de Bourseul avec ce conseil aux blancs-becs à lire entre les lignes :

Il faut respecter les chefs quels qu’ils soient «même si chez eux les lumières ne sont pas à la hauteur des honorables sentiments qui les animent.»

A méditer jusqu’à votre prochaine leçon…


Repos.

Pour en savoir plus.

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