Ce n’est pas parce que j’ai déserté en février dernier que je ne me tiens pas au courant des affaires de l’armée. Avec un peu de retard…Un blanc-bec effrayé (ce doit être un pléonasme) croisé dans la ville m’a ainsi parlé du seul sujet des conversations au début de ce mois d’août dans les chambrées : le départ à marche forcée de 88 « mauvais sujets » de l’armée d’Allemagne vers le terrible bataillon de prisonniers de l’ile de Walcheren en Zélande. Ils ne voulaient sans doute pas y aller ; cette ile est maudite, célèbre pour les fièvres qui ont tué des milliers de soldats anglais il y a deux ans. On savait dans les rangs que les colonels cherchaient à se débarrasser de ces « mauvais sujets ». Davout avait même écrit à Napoléon pour le lui dire. L’Empereur – qui s’occupe de tout, vraiment de tout - a donné l’ordre. Mieux : il s’est même préoccupé du cas de Bopping, ce soldat du 128e régiment qui voulait conserver la médaille d’argent qu’il avait obtenu pour action d’éclat au service de la Westphalie : « On peut le laisser porter sa médaille » a écrit Napoléon magnanime.
Mais je repense avec effroi à l’ile de Walcheren : dans l’esprit de l’Empereur, un déserteur : c’est un « mauvais sujet »?
Moi, François Louis Vandevoorde, fusilier au 21e régiment de ligne, je vais vous raconter ma Campagne de Russie. Conscrit de 1807, j'espérais retrouver les miens en ce début d'année 1812 après mes cinq années dans la Grande Armée. Mais je ne me fais plus d'illusions...
Affichage des articles dont le libellé est napoléon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est napoléon. Afficher tous les articles
23.8.11
Libellés :
davout,
napoléon,
walcheren,
westphalie
Inscription à :
Articles (Atom)
